Le harcèlement sur internet: l’inquiétante tendance chez les teenagers anglais.
Alors que les adolescents sont présents de plus en plus tôt sur les réseaux sociaux, la pratique du “cyber bullying” devient un phénomène social très inquiétant au Royaume Uni, conduisant parfois à des drames. Twitter, Facebook, Little Gossip, Formspring…nombreux sont les sites communautaires sur lesquels les adolescents exposent leur vie aux yeux de tous.
D’après l’association britannique Beatbullying, 23% des jeunes de 11 à 16 ans avouent avoir été victime de harcèlement sur internet au moins une fois et pour 40% des victimes, le harcèlement a duré plusieurs semaines.
Les chiffres aux USA sont bien plus inquiétants, puisque le cyber harcèlement aurait touché près de 42% des jeunes utilisateurs de réseaux sociaux en 2011.
Le reportage de l’émission d’information Panorama, diffusé sur la BBC lundi dernier, brosse un tableau extrêmement préoccupant de la situation.
Natasha MacBryde, âgée de 15 ans, a été la victime d’une campagne de dénigrement sur le réseau social Formspring. A la suite d’une banale dispute entre copines, des injures et menaces anonymes ont été postées quotidiennement sur le profil de Natasha. 30 pages de critiques et propos injurieux.
Devenue en quelques jours la risée de son école, la vie de cette adolescente ordinaire s’est transformée en véritable cauchemar. Un soir de février 2011, Natasha a mis fin à ses jours en se jetant sous un train.
Les cas de suicide restent rares (3% des suicides chez les jeunes, d’apres Beatbullying), mais pour de jeunes victimes encore influençables, s’entendre dire quotidiennement “personne ne t’aime”, “tu n’as pas d’amis”, “ne reviens plus dans cette école”, peut avoir un impact certain sur la confiance en soi, d’autant plus si les commentaires apparaissent aux yeux de tous.
Bien souvent les victimes n’osent pas en parler à leurs parents, par honte souvent ou parce que les parents ne sont pas au courant de leur activité sur un réseau social.
Facebook tend à obliger les utilisateurs à décliner leur réelle identité, mais sur des réseaux sociaux comme Formspring ou Little Gossip, l’anonymat est garanti, ce qui laisse la porte ouverte à tous les excès.
Little Gossip, par exemple, s’organise autour du nom des établissements scolaires. Chacun est libre d’y mettre un commentaire positif ou négatif au sujet d’un autre étudiant, ou de voter “vrai” ou “faux” sur un commentaire. Disons le tout net, la plupart des commentaires sont affligeants et certains peuvent même avoir un impact sur le futur de la victime.
Little Gossip n’a aucune régulation et faire légalement retirer un commentaire est quasiment impossible: Little Gossip est un site hébergé aux Pays Bas et appartiendrait a une société située en Biélorussie.
Le même problème se pose avec le site Formspring, et l’anonymat des commentaires ajoute au stress de la victime de harcèlement: comment mettre un terme à une campagne de dénigrement lorsque les coupables sont anonymes ?
En Angleterre, les personnes coupables de harcèlement sur internet peuvent être poursuivies sous une loi, le “Malicious Communications Act”, mais encore faut-il pouvoir les localiser.
L’association britannique Beatbullying propose, sur son site internet, de participer à une marche virtuelle en mars prochain, afin de réclamer une réglementation internationale pour la protection des enfants en matière de cyber-bullying.
L’inscription est gratuite et le mouvement se déroulera dans le monde entier. beatbullying bigmarch